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Vers une théorie raisonnable de la décroissance ?

La décroissance, c’est un slogan provocateur qui a pour fonction de rompre avec le discours un peu euphorisant de la croissance soutenable infinie. C’est pour marquer la nécessité de changer de cette logique de la démesure.

La décroissance a pour objectif de réduire notre empreinte écologique, notre gaspillage, notre surconsommation, etc. Mais en réduisant cela, on peut développer d’autres formes de richesses comme les technologies, le savoir et les relations humaines. Ce n’est donc en aucun cas un retour à l’age de pierre comme certains le pensent (y compris certains partisans extrémistes d’une décroissance ! )

Nous dépendons de plus en plus des objets pour forger notre identité et avoir confiance en nous-même. Sans doute parce que ce qui avant façonnait notre identité, comme l’adhésion à une communauté, l’attachement à une terre ou tout autre lien social a été remplacé par le consumérisme. Pourtant, si le bonheur dépendait du niveau de consommation, on devrait être dans la félicité absolue parce que nous consommons des dizaines de fois plus que les générations précédentes. Les enquêtes montrent que ce ne sont pas les gens qui consomment le plus qui sont les plus heureux.

Je finirai l’article par citer Gandhi : « le monde est assez grand pour satisfaire les besoins de tous mais il sera toujours trop petit pour soutenir l’avidité de quelques-uns« .

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Au lieu de dé-penser, pensez!

Pour jouir et gaspiller sans honte, il faut cacher les véritables couts humains des produits, les lieux et les modes de production, les impacts sociaux, etc.

Le « voir » de la publicité cache le « savoir » de la vie réelle.

Grace à la pub, j’existe. Je consomme donc je suis.
Grace à la pub, je découvre de nouveaux temples de la consommation
Grace à la pub, je découvre la gastronomie industrielle
Grace à la pub, je me sens libre.
Grace à la pub, je fantasme.
Grace à la pub, je ne suis plus ringard, je suis à la mode.

« Je vois bien tous les autres ont un ordinateur, un portable, tout ça, si j’en avais pas, ce serait un peu la honte »

La pub nous incite à consommer le monde sans modération

Aujourd’hui si tout le monde voulait adopter le mode de vie occidental, ce qui serait légitime, les ressources naturelles de la planète n’y suffirait pas.

« Gardez les simple et stupide et ils deviendront de bons consommateurs », Bill Benbach, patron de l’agence de pub DDB

« Personne n’est plus en esclavage que celui qui croit à tord qu’il est libre », Goethe

Au lieu de dé-penser, pensez!

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Change, yes we can…!

Tous les sociologues s’attendaient à une diminution du temps de travail grâce aux nouvelles technologies. Pourquoi nous retrouvons-nous dans la situation inverse de devoir travailler plus pour gagner plus?

C’est avec la révolution industrielle et le développement du capitalisme que l’homme va se mettre à travailler comme jamais auparavant. Produire des richesses devient une finalité en soi. La productivité explose et les travailleurs entrent dans l’ère de la consommation. Depuis, la production a continué d’augmenter chaque année et les biens ont été remplacés par des envies.

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En quoi le travail est-il un problème? Qui dit travail dit consommation, dit besoin de ressources naturelles or nos ressources ne sont pas éternelles. Il existe une empreinte écologique et sociale que l’occident dépasse largement. Par conséquent être trop productif, c’est prendre dans la bouche des plus pauvres leurs ressources. La première limite est donc matériel.

D’autre part, le travail est une étape primordial de l’économie matériel. Elle transforme la nature en produit utilisable. Or, lors du cycle de vie d’un objet, d’énormes quantités de pollutions sont produites…

Finalement, les secteurs les plus rentables sont aussi les plus critiquables : l’industrie pétrolière, la publicité, la pornographie, la finance, l’armement… Alors que l’éducation, la santé et l’aide social sont de plus en plus englobés dans la nécessaire rentablité.

Il serait si simple de moins travailler en consommant moins. C’est ici que la propagande des médias intervient. Le matérialisme devient la norme du bonheur. Pas moins de 500 milliards d’euros sont dépensés chaque année pour créer le manque là où il n’existe pas. L’imaginaire collectif est totalement soumis aux envies matérielles. Nous existons car nous possédons des choses. Nous nous perpétuouns à croire que le bonheur réside dans la taille de notre compte en banque, dans le nombre de pouces de nos téléviseurs ou dans les capacités de nos smart phones. La pubilicité est un mirage sur un chateau de cartes.

Ceci permet en tout cas de relancer le débat sur certains modes de fonctionnement de nos sociétés occidentales !

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En avant pour le changement

Il est clair qu’une croissance économique limite le taux de chomage et la pauvreté. Inversément, une décroissance considéré comme salutaire par certains écologistes aggraverait le chômage, l’exclusion sociale et la pauvreté. Ne peut-on pas envisager un autre mode de fonctionnement de nos sociétés? Les richessses sont suffisantes pour qu’il n’y ait personne sous le seuil de pauvereté en Europe. Un mode de fonctionnement ou l’escalade à la richesse n’est plus la priorité numéro 1 permettrait de réduire l’importance de cette croissance vitale et de nous réconcilier avec le bien-vivre. Une nouvelle philosophie pour nos sociétés est à penser. Remettre les grands objectifs de l’humanité tant au niveau scientifique que idéologique au centre des préoccupations des gens et ringardiser cette quête avide de richesse.

Dans un mode de fonctionnement idéal, la solidarité entre citoyens et l’individualisme doivent cohabiter. L’individualité avide de consommation a pourtant montré ses limites : il gangrène l’individu ainsi que la société. Il faut un changement des valeurs en rendant à l’innovation, au mérite et au travail leurs statuts. Des objectifs communs avec une implication de tous les citoyens permet de mener des projets d’une envergure considérable et sort du marasme le peuple au complet. Il faut renforcer les identités nationales (et non nationalistes) au même titre que les identités régionales et communautaires. Au delà de cela, il faut renforcer l’identité humaine! La terre est un terrain de jeu qui donne non seulement assez de richesse pour 10 milliards de personnes mais aussi assez de projets pour que le « pain et le cirque » puisse combler chacun d’entre nous.

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« Des fraises en hiver »

Profitant de la sortie du film  » Solutions locales pour un désordre global » de Coline Serreau et des débats qui y sont inhérents, je voudrais signaler la parution du livre « Des Fraises en hiver » de Claude-Marie Vadrot. L’auteur y fustige la consommation de fruits et légumes hors-saison et finalement « hors-nature ».

Claude-Marie Vadrot - Des fraises en hiver. Et autres besoins inutiles de notre alimentation

Son coup de gueule va surtout à l’encontre des modes de production énergivores, des cultures défavorables pour les paysans du Sud et la perte de repères dans l’assiette des européens. Il nous explique par exemple comment des pommes de terre sont récoltées en Belgique, épluchées au Maroc, transformées en chips en Turquie avant d’être revendues sous cette forme aux Pays-Bas.

Vadrot, C-M, Des Fraises en hiver, Delachaux et Niestlé

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